📻 Si vous préférez écouter que lire, l’essentiel de cet article est repris dans une mini-série de podcasts : épisode 37 à 42.

Une personne sur cinq se sent isolée. Peut-être est-ce l’une des cinq personnes les plus proches de vous ?
Ou peut-être est-ce… vous ? Tout simplement.

Vous savez, l’isolement touche un grand nombre d’hypersensibles. Introvertis ou encore « différents » des standards de la société, ils préfèrent se replier et rester seuls pour se protéger du monde qui les entourent.

Seulement, s’isoler des autres peut vite devenir un cercle vicieux et ne pas avoir l’effet escompté.

Alors, bonne ou mauvaise idée ? Je vous donne mon avis sur le sujet.

L’isolement : un danger pour les personnes sensibles ?

La liberté que me procure la solitude me rend heureuse. Mais, pour être honnête, si m’isoler devenait une habitude par défaut, je serais consciente de glisser sur une pente dangereuse.

Bien sûr, il faut respecter ses besoins psychologiques, mais il est aussi important de se rappeler que l’isolement n’est pas inné et encore moins une solution.

L’isolement est un désastre pour le bien-être des hypersensibles. Faut-il rappeler que l’une des caractéristiques qui nous animent est ce besoin profond de connexion avec quelques personnes choisies ?

Pour les personnes sensibles, la solitude est source de fragilité :

👉 nous nous sentons inutiles ;

👉 nous perdons confiance en nos capacités ;

👉 nous développons des troubles de l’anxiété et/ou des phobies sociales.

Nous pourrions nous contenter de relations superficielles, mais… non.
Nous avons besoin de confiance et d’intimité pour nous épanouir, pas d’une relation à sens unique.
Ce qui nous vaut d’être plutôt sélectifs vis-à-vis des personnes que nous laissons entrer dans notre vie.

Toutefois, malgré les difficultés et les incompréhensions auxquelles nous devons faire face, mon message n’est pas de baisser les bras, ni de s’isoler.
Mais plutôt de trouver le juste milieu entre un retrait total de la société et une adaptation constante au détriment de nos besoins.

Silhouette d'une tête humaine en papier avec des boules de papier froissé de couleurs noire qui représentent des pensées anxieuses

S’isoler peut-il (quand même) être bénéfique ?

Être une personne ultrasensible suscite inévitablement un sentiment de solitude. Juste parce que nous percevons et expérimentons différemment.
Ce que les autres ont du mal à appréhender et accepter.

Heureusement, il y a aussi d’importants bénéfices à la solitude.

La solitude introspective

Parce que l’hyperstimulation est pour sa plus grande part générée par les autres, nous sommes nombreux à éviter les rencontres trop stimulantes.
Des nouvelles personnes, les fêtes et la foule nous poussent à nous mettre en retrait.

C’est une stratégie que j’encourage car cela nous permet d’économiser notre énergie pour les choses qui nous tiennent vraiment à cœur.

À des moments bien spécifiques, que nous seuls sommes aptes à définir, nous sommes heureux de nouer de nouvelles relations, de nous ouvrir à l’extérieur.

Mais parfois, nous avons besoin de nous recentrer. D’accorder de l’attention à nos ressentis intérieurs, de vivre une expérience intime avec nous-même.

Non seulement, cette solitude-là est bénéfique, mais je déplore qu’elle ne soit vécue pleinement par des personnes moins sensibles que nous. Je pense qu’elle contribue au développement personnel.

La solitude introspective a, pour moi, une valeur inestimable :

👍 Plus de connaissance de soi ;

👍 Plus de respect de ses besoins profonds ;

👍 Plus de bien-être.

Et vous le savez, pour contribuer au bien-être des autres, il est essentiel d’être épanoui et serein.
Bien avec soi.

Sans quoi, notre élan vers l’extérieur est dicté par un besoin de réparation, de sécurité ou de reconnaissance.
Et non par une envie de partage et un besoin sincère de découvrir l’autre pour ce qu’il est.

Femme seule assise sur un ponton face à la mer

La solitude ressourçante

La solitude n’a pas nécessairement la même signification qu’être seul. Nous pouvons nous sentir seuls même lorsque nous sommes avec d’autres. Et nous pouvons être seuls et trouver l’expérience de la solitude agréable. 

Il existe par exemple, des solitudes qui sont des modes de vie assumés.

D’ailleurs, certaines personnes ne peuvent vivre une relation affective avec quelqu’un qui les « collerait » de trop près. Pour leur bien-être, il est vital pour eux d’avoir des plages d’isolement et de rencontrer quelqu’un de même nature. Autrement, la relation ne pourrait fonctionner, leurs besoins respectifs étant opposés.

Au départ, il peut être difficile de se sentir à l’aise vis-à-vis de l’image que renvoie le fait de s’isoler volontairement. Souvent, la représentation sociale de la solitude est liée au manque et à la souffrance.
C’est une image négative dont on parvient souvent à se défaire, avec la sagesse et la confiance en soi qui grandissent. On finit par assumer ce choix identitaire.

Pourtant, si on ne pratique pas la solitude, on n’apprend pas à supporter sa propre compagnie ! Dans ce cas, comment quelqu’un d’autre pourrait la trouver agréable ?!

Explorer sa solitude et apprendre à l’apprécier est un apprentissage très utile. Elle peut devenir un outil pour les solitudes plus graves comme celles de la maladie ou de la vieillesse. Dans une perspective plus immédiate et plus joyeuse, c’est un moyen de mieux vivre avec les autres.

Non seulement la solitude peut être ressourçante, mais elle peut aussi contribuer à la liberté, à l’épanouissement personnel et être source de créativité.

Jeune femme qui danse dans un lac bleuté transparent avec en arrière-plan de montagnes

La solitude initiatique

J’aimerais vous partager le dernier livre que j’ai lu : “L’aventurière des sables – 14 000 kilomètres à pied à travers les déserts australiens” de Sarah Marquis. Je l’ai trouvé passionnant !

L’auteure expérimente la solitude en marchant durant 14 000 km dans le désert australien. 

L’ensemble de l’ouvrage est une démonstration évidente de la découverte de soi à travers l’expérimentation du voyage en solitaire.

On peut définir dans ce cadre la solitude comme étant initiatique.

Le désir de voyage en solo est une volonté de mise à l’épreuve de soi. Il s’agit de sortir de son cadre habituel pour s’immerger dans un autre univers. Le déplacement géographique renforce et transfigure le voyage intérieur.
Pour explorer ces territoires, il faut identifier ses forces et éprouver ses limites : ceux d’un monde extérieur inconnu et ceux d’un monde intérieur encore mal défini.

VTT avec sacoches devant l'entrée de la ville de Thames, en Nouvelle-Zélande

J’ai moi-même expérimenté cette solitude initiatique à travers une aventure plus modeste, durant laquelle j’ai parcouru la Nouvelle-Zélande à vélo, seule durant 2 mois et en autonomie totale.

En dormant dans la nature sauvage la plupart du temps.
Avec des nuits en motels ou campings une à deux fois par semaine pour acheter de la nourriture, remplir les réserves d’eau, laver les vêtements et mieux se reposer.

C’est une expérience qui n’a pas toujours été facile,  mais dont je garde un merveilleux souvenir et une grande nostalgie. Elle m’a énormément appris sur moi-même et m’a permis de développer ma confiance en soi.

Je vous cite quelques mots de l’auteure du livre, qui pourraient être les miens : 

“Je me suis jetée dans cette aventure à cœur ouvert, peu importent les souffrances, les bonheurs ou tout le reste. Je veux sentir, ressentir, écouter mon corps, mes intuitions, découvrir les secrets de l’esprit et ses capacités, développer mes sens, ne faire plus qu’une avec cette nature qui m’entoure. Alors le prix à payer m’est bien égal. L’essentiel est de survivre à toutes ces épreuves.”

Un homme et une femme en costume et tailleur attachées au poignet par des fils comme des marionnettes

“Notre monde est géré par des chefs d’orchestre qui nous guident dans une dimension artificielle, superficielle. Ils nous remplissent de conditionnements pour mieux diriger ces êtres humains qui vivent dans un espace réduit.
Les valeurs de la terre, nous les avons oubliées. Nous avons oublié que nos pieds reposent sur la terre…
Mais ici, tout est différent, je suis seule… seule pour me rendre compte que je suis responsable de mon corps et de mon âme, ainsi que de mes actes et de ma vie.”

“Je suis chaque mouvement de mon corps, chaque pensée, tout est pur. Gérer, trier mes pensées. Comprendre l’inutilité et l’essentiel. Au fil des jours qui passent où je n’ai rien, pas d’attachement au matériel, que le strict minimum pour vivre. L’essentiel à travers le dénuement se dévoile. Je crée petit à petit une vraie relation avec moi-même.”

Femme qui randonne seule dans le désert

Notez que Sarah Marquis a très bien compris le mécanisme psychologique des pensées qui créent sa réalité.
C’est cette force mentale qu’elle utilise, comme beaucoup de sportifs et d’aventuriers, alors que son corps serait prêt à lâcher…

J’espère vous avoir démontré que s’isoler est une expérience riche et complexe, mais n’est pas une fin en soi.

Suivant les périodes de la vie, le contexte, les objectifs, la solitude peut être désirée, ressourçante, créatrice et même transformante.

À d’autres moments, elle peut être destructrice, lorsqu’elle est chronique ou persistante. Surtout si elle génère des sentiments douloureux de séparation et de manque.

Le partage, c'est la vie ! 😉

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