La fin d’année : une période éprouvante

Dès l’automne, on sent les prémices d’une saison qui va s’avérer difficile.

La baisse de la luminosité journalière nous entraîne insidieusement vers la dépression saisonnière.

Les couches de vêtements se superposent avec le rafraichissement des températures. On se sent engoncés, moins légers, moins agiles… moins libres.

L’humidité nous pénètre jusqu’au fond des os et entraîne le cortège des petits maux de saison : rhinites, pharyngites et autres joyeusetés…

Puis la fin du mois de novembre approchant, les incitations aux achats des cadeaux de Noël commencent à fleurir sur tous les supports, qu’ils soient numériques ou de papier. On peut se sentir harcelés par les incitations commerciales en tout genre. Surtout si on a des moyens modestes.

On peut aussi se sentir débordé(e) par les tâches à effectuer. Entre les activités à organiser pour les vacances, les achats à préparer, les rassemblements familiaux à organiser, la cuisine à préparer, la décoration à mettre en place, les déplacements et visites plus ou moins contraints par les conventions familiales…

Cela fait beaucoup de stimulations sur une courte période de temps. Deux semaines, de mi-décembre à début janvier qui sont normalement censées être une période de repos.

Et que dire des personnes, qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas de famille auprès de laquelle passer les fêtes ?! Comment vivre cette raison supplémentaire de se sentir différent(e) ?

Voici quelques suggestions qui peuvent rendre les réunions de vacances plus faciles pour les personnes très sensibles.

Quelles est votre vision de Noël ?

La fête de Noël est une tradition qui est souvent vécue comme une obligation.

Au départ, c’est avant tout une commémoration chrétienne qui célèbre la naissance de Jésus-Christ.

Au fil du temps, elle a revêtu un caractère essentiellement commercial, en se centrant essentiellement sur le rituel de l’échange de cadeaux.

Je ne suis pas certaine que l’esprit de Noël qui consisterait à passer d’heureux et simples moments en famille soit encore présent dans beaucoup de foyers.

Mais cette vision des choses m’appartient et elle est subjective.

Cette période est justement l’occasion de détecter les pensées toutes faites qui nous trottent dans la tête. Comme celle que je viens d’évoquer 😉

Comme toutes les situations, les fêtes de fin d’année sont une feuille blanche sur laquelle nous allons poser nos propres couleurs : nos émotions.

Nous pouvons décider de choisir une palette de tons sombres. Comme nous pouvons choisir d’y répandre des paillettes et des couleurs chatoyantes.

Noël est mon talon d’Achille. C’est pour cette raison que j’ai voulu partager mes réflexions sur le sujet avec vous.

Il se trouve que j’ai construit une vision de Noël plutôt négative, du fait de mon vécu. Je n’ai ni parents ni enfants et je suis née un 23 décembre. Toute ma vie, en dehors des périodes où j’étais en couple, j’ai été seule du jour de mon anniversaire jusqu’à la fin d’année parce que mes amis étaient dans leur famille à cette occasion.
C’est donc une période qui tous les ans me rappelle ma différence, ma condition de “sans-famille”.

Dans ma tête, j’ai des pensées de Calimero sur ces circonstances particulières 😉

➡️ Ces pensées engendrent des émotions de tristesse, de frustration, un sentiment d’abandon et de solitude. Ces pensées vont donc diriger mon expérience qui va être particulièrement douloureuse…

Faire le choix de nos pensées

Je vous invite à faire avec moi un exercice de “pâte à modeler” sur nos pensées.

Si vos propres circonstances vous déplaisent, même pour des motifs différent du mien, vous pouvez vous souvenir que vous êtes libres de choisir les pensées que vous allez avoir sur ces circonstances.

Peut-être pouvons-nous d’abord réfléchir avec quelle pensée automatique nous abordons ces fêtes ? Je viens de vous exposer la mienne : “c’est vraiment trop injuste”. Quelle sont les vôtres ? Vous pouvez les noter sur une feuille de papier.

Pouvez-vous trier dans ces pensées, la part de faits objectifs et la part d’interprétation que vous en faites ?

Quelles sont les émotions que vous ressentez qui découlent de vos pensées ?

Si ces émotions sont inconfortables, rappelez-vous que vos pensées vont diriger votre expérience.
C’est-à-dire que vous allez sans cesse remarquer ce qui les renforce et non ce qui les contredit. C’est un biais psychologique que nous avons tous.

Par exemple, vous allez porter votre attention sur votre oncle Georges qui fait toujours des blagues douteuses lorsqu’il est éméché. Et non sur votre cousin Arthur qui parle de son dernier projet avec des étoiles dans les yeux.

Pourtant, nous avons tous le pouvoir de faire des choix.

Nous pouvons choisir sur quoi nous portons notre attention. Si nous nous focalisons sur les aspects positifs, notre cerveau va peu à peu prendre l’habitude de moins s’attarder sur les aspects négatifs.

Nous pouvons examiner les conséquences possibles de chacun de nos choix. Nous pouvons décider quelle conséquence, quel vécu sera le plus satisfaisant pour nous et assumer le choix correspondant. Même s’il va à l’encontre de l’assentiment général.

Préparation physique, logistique et mentale avant Noël

Prenez du temps pour vous

Avant d’être une fête de famille avec des obligations plus ou moins bien tolérées, la période de Noël est avant tout une période de vacances.

Si vous avez la chance d’être en congés, quelle que soit votre façon de célébrer Noël ou non, il s’agit avant tout de prendre soin de vous.

Accordez-vous du temps pour vous consacrer à des activités qui vous aident à rester apaisé(e). Quelle que soit l’activité, plus elle vous permet d’être centré(e) sur vous et au calme, plus elle vous fera du bien.

Ce temps de soin et de retrait vous donnera de la force pour affronter la stimulation des repas de famille de fin d’année.

La meilleure façon de vous assurer de vous offrir ce temps pour vous reposer est de le programmer dans votre agenda.

Ajoutez ces moments de repos et de tranquillité à votre emploi du temps et respectez-les.

Connectez-vous avec une personne ressource

Établissez un plan d’action avec une personne avec laquelle vous vous entendez bien parmi vos proches.

Arrangez-vous pour vous asseoir à ses côtés.

Vous pourrez vous soutenir mutuellement si les choses commencent à devenir trop pesantes.

Prévoyez votre repas si vous suivez un régime spécial

Peut-être que vous avez des intolérances alimentaires ou que vous suivez un régime particulier. Par exemple, vous mangez végétarien ou vous évitez le gluten.

Même si vos hôtes sont attentionnés, ils ne se souviendront peut-être pas précisément de ce que vous mangez ou non. Il y aura peut-être beaucoup de monde et il est plus facile de préparer les mêmes recettes classiques chaque année sans faire de changement.

Vous pouvez prévoir un plat principal pour vous ainsi vous serez plus sûr(e) de pouvoir faire un repas suivant vos préférences alimentaires.

Trouver un lieu refuge

Assurez-vous de réfléchir à l’avance pour trouver un espace calme dans lequel vous pourrez vous immerger dans la solitude pendant quelques instants.

Même si vos proches ne sont pas spécialement bruyants ou exubérants, il peut toujours être utile de s’éloigner pendant quelques instants pour se recentrer.

Entraînez-vous à dire non

Si quelqu’un vous demande plus que ce que vous êtes prêt à donner, ou si quelqu’un vous demande de faire quelque chose pour lequel vous ne vous sentez pas prêt(e), laissez le “non, merci” ou “non, ce n’est pas possible” sortir sans hésitation ni culpabilité. Il n’est pas impoli ou égoïste de prendre soin de vous et de vos besoins. Et il n’est pas nécessaire de vous justifier.

Dites “oui” aux activités, événements et tâches qui vous font envie ou plaisir.

Dites “non” à tout ce qui ne correspond pas à votre vision des vacances ou de Noël.

Dites “non” à tout ce qui ajoute plus de stress que de valeur pour vous ou votre famille…

Je sais bien que dire “non” peut demander un peu de pratique. Surtout quand vous avez l’habitude de dire “oui” même si cela a un impact négatif sur votre propre bien-être.

Mais si vous dites “oui” à tout, vous finirez par être débordé(e) et épuisé(e), et vous verrez chaque année arriver cette période avec appréhension…

Chaque fois que vous dites “oui” à quelque chose, cela signifie dire “non” à autre chose. Assurez-vous de garder vos “oui” pour les choses qui sont les plus importantes pour vous.

Dire non, c’est vous affirmer et renforcer votre estime de soi. Vous serez fièr(e) d’avoir su vous écouter et vous aurez moins de mal à le refaire une prochaine fois.

Connaissez vos besoins et fixez des limites

Pour savoir ce que vous accepterez et ce que vous refuserez, il est nécessaire de connaître vos propres limites.

Soyez honnête avec vous-même sur ce que vous pouvez gérer et apprécier. Et sur ce qui sera trop pour vous.

Par exemple, vous pouvez avoir des invitations plusieurs soirs de suite. Mais vous savez qu’assister à toutes les soirées sera trop fatigant.

Être conscient(e) de vos limites vous permet de faire les bons choix et de refuser poliment certains événements. Ainsi vous profiterez davantage de ceux auxquels vous assisterez.

En protégeant votre énergie et votre bien-être, vous vivrez mieux cette période très stimulante de fin d’année.

Tempérez vos attentes en prévoyant de faire moins

L’agenda des fêtes de fin d’année se remplit rapidement d’activités et de tâches à effectuer.

Or, les personnes hypersensibles sont souvent exigeantes avec elle-mêmes. Vous avez peut-être imaginé des vacances ou des fêtes parfaites, mais les choses ne se passent parfois pas comme prévu.

Afin d’éviter une déception ou une surcharge émotionnelle ou nerveuse, faites de votre mieux pour être réaliste dans vos attentes.

Choisir délibérément de simplifier votre agenda vous permettra d’ajuster vos propres attentes envers vous-même.

Car si vous mettez la barre trop haut et que vous ne parvenez pas à tout faire, vous allez culpabiliser.

Il vaut mieux être au sommet de votre forme pour les personnes que vous aimez le plus. Plutôt que de vous torturer en ne pouvant pas répondre à vos propres attentes irréalistes.

Donnez-vous donc la permission de ralentir et de réduire vos attentes afin que vous et vos proches puissiez profiter de votre temps ensemble pendant cette fin d’année.

Inventez vos propres traditions

Massacrer des épicéas, pourrir-gâter de futurs petits monstres qui ne supporteront pas la frustration et faire une orgie dont votre foie se souviendra n’est peut-être pas forcément votre tasse de thé ? 😁
Auquel cas, rien ne vous oblige à y participer.

Certaines familles se réunissent à Noël, souvent par devoir, pour préserver une harmonie de surface.

Si vous passez les fêtes au milieu d’une famille dont certains membres sont déplaisants pour vous ou si vous n’avez pas de famille proche à retrouver. Si en plus vous n’êtes pas croyant ou adepte de la consommation à outrance ; pourquoi ne pas faire tout simplement autre chose ?

Une retraite de méditation, une sortie en pleine nature, un voyage ou un déplacement hors de votre zone géographique habituelle, un moment de solitude pour vous-même ou votre couple…

L’objectif étant de se faire plaisir suivant ses propres convictions, ressources et circonstances.

Être seul(e) pour les fêtes de Noël

Certain(e)s d’entre vous seront peut-être plus seul(e)s pendant cette fin d’année que vous ne le voudriez.

Il n’y a pas de pire solitude que de se sentir laissé(e) pour compte, tandis que d’autres sont rassemblés autour d’une table, partageant nourriture, cadeaux et amour.

Je suis concernée par la question alors je sais ce que vous ressentez si vous êtes aussi dans ce cas.

J’ai choisi d’être enfin en paix avec cette épreuve annuelle. L’année dernière, je n’ai pas réussi car je venais de vivre une rupture amoureuse. Cela faisait un peu trop en même temps. Le résultat : j’ai passé ma fin d’année misérablement et je ne veux plus jamais vivre ça.

Cette année, je suis fermement décidée à profiter de cette fin d’année. Que ce soit seule ou accompagnée.

Je me rends compte, en discutant avec d’autres personnes, qu’avoir une famille n’est pas la certitude de recevoir de l’amour.

Bien des gens vivent des situations bien plus douloureuses que la mienne. Je suis en pleine forme, avec mes deux bras et mes deux jambes, alors je n’ai pas envie de m’apitoyer sur mon sort.

Je vais donc faire ma païenne en fêtant, non pas Noël, mais le solstice d’hiver, qui marque l’allongement des jours et l’approche d’une nouvelle année pleine de promesses. Et bien sûr, mon anniversaire, comme il se doit 😉

Je vous retrouve l’année prochaine et d’ici-là, joyeux solstice à tous ✨

 

Le partage, c'est la vie ! 😉

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